
Carmen Garcia au chant et Jérémie Sieffert à la guitare. © A. Janin
Le théâtre de Verre, collectif artistique alternatif qui occupe des friches urbaines, a été officialisé par la mairie de Paris. Son avenir dépend-il des municipales ?
Par : Carole COEN
Évidemment, ce n’est pas une friche. Et personne n’y habite. Ce n’est plus un squat. Depuis décembre 2007, date à laquelle le théâtre de Verre a quitté les entrepôts de la Sernam de la rue de l’Échiquier pour un local impasse Bonne-Nouvelle, ce collectif artistique a un bailleur officiel : la mairie de Paris. Le contrat court jusqu’en juin 2009. Après ? « Si la droite emporte les élections, nous ne savons pas. Elle n’a pris aucun engagement vis-à-vis de nous. Si c’est la gauche, on verra si elle tiendra ses promesses », confie Luis Pasina, le responsable du collectif. Soutenu depuis ses débuts par les Verts, il a participé à une plate-forme de négociations avec la municipalité, à l’issue de laquelle la ville a pris l’engagement – oral seulement - de trouver un autre lieu à la fin du bail, qui ne sera pas renouvelé. « Notre situation dépend d’une parole donnée. Nous n’avons aucun recours », poursuit Luis. Pas de subvention pour l’association, mais un loyer dérisoire.
Question fonctionnement, la mairie ne s’immisce ni dans la programmation, ni dans la gestion, ni d’ailleurs, dans la promotion du lieu. "Ce qui, dit Luis, différencie le théâtre de Verre d’autres pôles de création comme le 104 ou la Maison des métallos. En France, lorsqu’on officialise une initiative culturelle, ceux qui y participent sont déjà dans l’officialité. Donner de l’argent à des artistes tout en leur accordant une autonomie, cela n’arrive presque jamais. » Cet artiste uruguayen, arrivé en France comme réfugié politique il y a trente ans, a une longue expérience des lieux alternatifs. Avant d’arriver dans le 10e, le théâtre de Verre a occupé une ancienne vitrerie-miroiterie dans le 12e.
« Je considère le squat comme un lieu ouvert en permanence à tous, avec un processus continu de création. Une nouvelle agora où l’art sous toutes ses formes permet de communiquer. La mairie voulait que cet endroit soit simplement un lieu de travail, alors que je me suis toujours battu pour que les trois éléments – vivre, travailler, produire – soient réunis. » Pour Luis, l’équation est simple : « Ici, c’est un lieu de passage pour tenter de voir, une fois de plus, si la mairie de Paris peut nous donner les moyens de faire ce qu’on faisait dans les squats. Sinon, on reviendra dans les squats. »
Le site du théâtre de Verre
Le site de Luis Pasina






