
Photomontage. © DR
Dans la course à la mairie de Versailles, les deux concurrents principaux sont de la même écurie. Le thème de la discorde : un projet de circuit de formule 1.
Par : Constance AUGER
Avec un électorat profondément ancré à droite, les municipales à Versailles ne réservent jamais de grandes surprises. Étienne Pinte, le maire sortant, ne se représentant pas, Bertrand Devys, maire adjoint adoubé par l’UMP, devrait logiquement l’emporter. Mais un trouble-fête s’est invité dans la campagne : un projet de circuit F1 qui a créé un vrai remue-ménage au sein de la classe politique et chez les électeurs. Et le moteur bien huilé de la campagne s’est emballé…
Le maire sortant en rêvait : accueillir dans la ville du Roi-Soleil le grand prix de France de formule 1 dès 2010. Le projet a été inscrit dans le programme de son dauphin, Bertrand Devys. Prévu dans un premier temps dans les environs du château, puis déplacé de quelques kilomètres vers le plateau de Satory, le projet de création de ce circuit a néanmoins mis le feu aux poudres.
Farouchement opposé au projet, François de Mazières, autre adjoint d’Étienne Pinte, a décidé d’entrer en dissidence. Ce qui a même fait dire à Catherine Nicolas, candidate socialiste, que, pour la première fois dans l’histoire de Versailles, la gauche pouvait arriver en tête au premier tour !
Le débat est très clair. Pour Bertrand Devys, le grand prix de France doit être perçu comme une opportunité exceptionnelle de financement par l’État, le conseil régional, le conseil général, et comme un puissant accélérateur de développement économique.
Quand on interroge les opposants au projet, tous parlent d’aberration : alors que le Grenelle de l’environnement est encore présent dans les esprits, il leur paraît surprenant de proposer encore une activité faisant l’apologie de la puissance, de la vitesse et de la consommation. Difficile, en effet, de promouvoir dans un même temps le développement durable et d’encourager la pollution atmosphérique. Du côté des habitants, et particulièrement des commerçants, les positions sont aussi tranchées. Au vu des 39% de voix remportées par François de Mazières au premier tour, le circuit apparaît bien comme un des enjeux essentiels de ces municipales.
L’avis des habitants et commerçants versaillais.
Mme de Mazières, épouse du candidat dissident UMP, exprime son opposition au projet.






